SAVOIE-FORTIFICATIONS



  
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Combe de Savoie
Maurienne
Tarentaise

Le Secteur Fortifié de Savoie :

Situation :

    Le secteur fortifié de Savoie est le plus au Nord des défenses alpines. Il figure s'étend sur un territoire montagneux, le plus élevé des Alpes. Sa géographie se compose en deux parties : à l'Ouest de la Combe de Savoie,  les sommets sont modestes et les vallées larges (Préalpes) ; à l'Est les sommets dépassent fréquemment les 3.000m avec un relief relativement imperméable (massifs centraux). Deux grandes vallées encaissées pénètrent au coeur des massifs jusqu'à la frontière : la Tarentaise au Nord, la Maurienne au Sud. Des vallées secondaires irriguent le territoire ; des cols permettent de passer d'une vallée à l'autre. Dans sa partie Ouest, la Savoie communique avec Grenoble par le Grésivaudan, Lyon par la route des Echelles, Annecy par la Cluse de Faverge, enfin en direction de Sallanches par la vallée de l'Arly.
    La frontière italienne suit la ligne de partage des eaux, c'est à dire une chaîne interrompue de sommets abruptes et de col élevés (2.100 - 3.800m).

    Bien qu'accusant un relief difficile, la Savoie a toujours été un lieu d'échange privilégié entre France et Italie. Depuis la voie romaine du Petit Saint Bernard, jusqu'au tunnel ferroviaire du Fréjus, en passant par la route Royale du Mont Cenis. On échange les produits du terroir (beaufort en particulier) ; mais également le sel, le plomb, l'argent extraits des mines, ainsi que le bois. La frontière voit passer les travailleurs saisonniers louant leur bras aux usines de la vallées ou pour les travaux pastoraux, les colporteurs et négociants, les contrebandiers.
    Les grandes vallées sont desservies par un réseau ferrée, ainsi qu'une infrastructure routière. Seuls les cols frontaliers du Petit Saint Bernard et du Mont Cenis sont carrossables ; la majorité des cols sont équipés de chemins muletiers. L'Armée des Alpes a construit des routes permettant de relier les grandes vallées par de haut cols : Iseran entre Tarentaise en Maurienne, Galibier reliant la Maurienne à Briançon.
    Le relief et les voies de communication ont permis l'installation d'usines électrométallurgiques à proximité des chutes d'eau, dont beaucoup sont d'importance nationale (Ugine ; Notre Dame de Briançon, Moutiers, Pomblière ; Fourneaux, St Michel de Mne, St Jean de Mne). L'hydroélectricité a trouvé en Savoie un terrain idéal ; dès la fin du XIXe siècle, la Savoie abrite des dizaines de centrales. Dans les années 30, deux usines d'importance nationale voient le jour : Viclaire et Bissorte, cette dernière bénéficie de l'un des premiers grands barrages (40 Mm3) et d'un réseau de galeries de 10 km.

    Le secteur fortifié de Savoie a pour voisins : au Nord le secteur défensif du Rhône, très peu fortifié car tourné vers la Suisse et imperméable face à l'Italie (massif du Mont Blanc) ; au Sud le secteur fortifié du Dauphiné et la puissante place forte de Briançon, la liaison s'effectue au col du Galibier, passage fortifié.

Mission :

    La Savoie forme frontière avec l'Italie dans la partie haute des grandes vallées (Tarentaise et Maurienne) sur plus de 100 km. Le relief constitue un obstacle, mais il reste relativement perméable. Les cols du Petit Saint Bernard et du Mont Cenis sont les seuls passages carrossables, néanmoins les cols secondaires sont équipés de chemins muletiers, et fréquentables en hiver malgré l'altitude (2.500m en moyenne). L'apparition des Troupes Alpines (en France comme en Italie) rend possible le franchissement armé des Alpes.
    La Savoie doit également compter avec une menace inquiétante : le tunnel ferroviaire du Fréjus. Commencé avant l'annexion, le tunnel est une voie d'invasion importante, puisqu'il évite les contraintes du relief.

    Par soucis d'économies et de facilités, la défense de la Savoie s'appuie essentiellement sur le relief. Le principe est de barrer les grandes voies de pénétration (Tarentaise et Maurienne) en un lieu où le relief canalise les assaillants. Les directions secondaires sont également fortifiées, mais moins puissamment  ; la frontière est surveillée ; les intervalles sont laissés aux troupes de campagne.
    Le tunnel du Fréjus est particulièrement fortifié.

Composition :

    Le secteur fortifié de Savoie se compose de trois secteurs : Combe de Savoie, Maurienne et Tarentaise. Cette disposition est autant le résultat de la géographie que du changement de stratégie.

    Après les désastres de la guerre de 1870, la France souhaite se mettre à l'abri des envahisseurs. Suite aux points de vue divergents des politiques français et italiens, l'Italie apparaît comme un ennemi potentiel ; c'est ainsi que les Alpes seront fortifiés sous la direction du Général Séré de Rivières. En Savoie, on choisit de défendre les débouchés des grandes vallées, profitant des infrastructures routières et ferrées : les places d'Albertville et de Chamousset (1875-1882), composées de forts formant une ceinture. Ce secteur fortifié défend les axes vers l'Italie, également les passages secondaires en cas de contournement.
    Sous l'impulsion du Général Baron Berge, commandant l'Armée des Alpes, la stratégie évolue : il faut défendre le pays au plus près de la frontière. La nouvelle fortification consiste à interdire les grandes vallées, et à surveiller la frontière. Ainsi sont édifiées en 1878-1895 les places de Bourg Saint Maurice et de Modane, ainsi que leur satellites ; composées d'un puissant barrage de vallée et de baraquements de surveillance.
    Les places de la Combe de Savoie à peine achevées se retrouvent en seconde ligne, à 50 km des nouvelles positions de résistance.

    La Grande Guerre, comme son aînée, motive la construction d'une nouvelle fortification. L'arrivée au pouvoir de Mussolini fait craindre à la France une action de "récupération de la Savoie, Nice et la Corse". Ainsi la Ligne Maginot concerne les Alpes (1930-1940). Le principe édicté par le Général Baron Berge reste d'actualité : interdire les grandes vallées par un puissant barrage, surveiller la frontière au plus près, tout en bénéficiant du relief. Le secteur de la Combe de Savoie est écarté car trop en retrait de la frontière, seuls les secteurs de la Tarentaise et de la Maurienne sont modernisés. Pour des raison budgétaires, la nouvelle fortification utilise au maximum les anciens ouvrages ; c'est particulièrement le cas à Bourg Saint Maurice, où aucun ouvrage d'artillerie renforce les ouvrages Séré de Rivières.

    Le tunnel du Fréjus fait l'objet de toutes les attentions. La fortification Séré de Rivières y consacre un puissant fort, renforcé par une couche de béton. Quant à la CORF, le projet de modernisation est abandonné faute de crédits ; en revanche l'Armée des Alpes renforce la défense par la construction de blockhaus.

Secteur Direction Communication Infrastructures Défense
Combe de Savoie Maurienne, Tarentaise, Val d'Arly, Grésivaudan, Annecy Italie, Grenoble, Lyon, Annecy Route, VF Barrage de vallée et forts isolés
Maurienne Italie Italie, hautes vallées Route, VF et tunnel Tous types d'ouvrages Séré de Rivières et Maginot
Tarentaise Italie Italie, hautes vallées Route, VF Tous types d'ouvrages Séré de Rivières et Maginot

Armement :

    Du fait de l'évolution de la stratégie et des priorité, on note de grandes inégalités entre les secteurs.

  • Le secteur de la Combe de Savoie : repose sur des ouvrages Séré de Rivières de première génération. Ces ouvrages sont regroupés en barrage de vallée face à l'Italie (Maurienne et Tarentaise) ; ils comportent des forts, des batteries et des blockhaus de protection rapprochée. Face aux axes secondaires, des forts isolés (mais néanmoins à portée d'artilleries des voisins), complétés au besoin par un blockhaus de surveillance.

  • Le secteur de la Maurienne : le plus puissant de Savoie, il comporte en son centre un barrage de vallée Séré de Rivières, complété par des ouvrages d'artillerie Maginot, ainsi qu'une série d'abri et de petits ouvrages d'avant-poste. Les secteurs périphériques (Lanslebourg et St Michel) reposent sur un fort Séré de Rivières isolé, complétés de baraquements et de petits ouvrages Maginot aux passages cruciaux. La défense du tunnel est soignée : un fort modernisé et des blockhaus.

  • Le secteur de Tarentaise : parait être le parent pauvre de la Maurienne. En effet, il s'appuie essentiellement sur les ouvrages Séré de Rivières : forts, batteries et baraquements. Les ouvrages Maginot sont peu nombreux ; ils sont dévoués à la défense contre l'infanterie et les chars.

    En plus des fortifications citées ci-dessus, la Savoie compte une seconde position de résistance. Cette fortification se situe en arrière des barrages de vallée ; elle est constituée de blockhaus d'infanterie incomparables aux ouvrages des principales positions.

    On notera que le secteur de la Combe de Savoie se situe en aval des secteurs de Maurienne et Tarentaise. Les places d'Albertville et de Chamousset avaient ainsi le rôle de troisième position de résistance, ou d'ultime position de résistance.

Localisation :

    Fond de carte 1/200 000e du Service Cartographique de l'Armée, relevés de 1888. En bleu les principales positions fortifiées, avec le nom du secteur.

Secteur de la Combe de Savoie Secteur de Tarentaise Secteur de Maurienne
Collection Y. Konieczny.

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